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Un ergonome est-il rentable ?

Posté le 5 mars 2018 par Liftop

Est-il scandaleux de poser cette question ? Ou bien est-il encore plus scandaleux de ne pas la poser ? Nous allons oser parler d’ergonomie sans dire la souffrance physique et psychologique dans certaines entreprises. Nous allons évoquer les TMS sans parler de vies brisées par le handicap. Nous allons parler des entreprises sans rappeler leurs obligations légales en matière santé physique et mentale de ses salariés ou en matière de pénibilité. Abordons ce sujet sans mélodrame et sans montrer le bâton.

Constat

 
Alors que depuis 15 ans, un quart de l’industrie française est partie à l’étranger, alors que la concurrence est internationale, alors que la chasse au premier prix est ouverte toute l’année à tous les consommateurs que nous sommes, ne nous leurrons pas : Si le travail d’un ergonome n’est pas rentable, son métier sera rapidement enterré dans le cimetière des bonnes idées et des grandes illusions.

En clair, est-ce oui ou non valable pour une entreprise de faire appel aux services d’une personne qui ne va rien produire mais juste étudier la relation entre l’homme et son milieu de travail ? Cet article ne vous donnera pas la réponse… mais rappellera quelques chiffres auprès desquels les coûts de préventions et des prestations d’un ergonome se doivent d’être mises en balance…

Ce que coûtent les TMS aux entreprises

 
Le cabinet Mozart Consulting et le groupe Apicil, créateurs d’un indice du bien-être au travail a calculé que le coût de l’absentéisme, des accidents du travail, des maladies, du turn-over et burn-out coûtent aux entreprises 10 080 € par salarié et par an.

Le taux de cotisation d’accident du travail est déterminé par la CARSAT en fonction du coût des accidents du travail et des maladies professionnelles survenus au sein de l’entreprise depuis 3 ans. A titre d’illustration, pour les incapacités de travail temporaires (ITT), la catégorie 1 correspond à un arrêt de travail de 0 à 3 jours ; La catégorie 6 correspond à un arrêt de travail de plus de 150 jours. En prenant l’exemple de la branche de la Métallurgie, le coût moyen pour l’année 2016 des incapacités temporaires résultant d’un AT/MP est fixé à 275 € pour la catégorie 1 et grimpe jusqu’à 34.783 € pour la catégorie 6.

Le courtier en assurances Sofaxis a étudié la population des agents publics territoriaux : En 2015, le coût moyen d’une maladie dite ordinaire était de 1.148 €, quand celui d’une maladie de longue durée était de 40.280 €. Un accident du travail coûtait, lui, 3.370 €.

RTL, dans un éditorial de novembre 2016, rappelait le coût économique du mal de dos, de milliard d’€ annuels pour les entreprises françaises.

La CNAM vient de publier son rapport 2015 sur les lombalgies professionnelles. Elles représentent 19 % des accidents du travail (contre 13% en 2005) et 30 % des arrêts de travail. En sus, 70 % des personnes ayant déclaré un accident du travail pour lombalgie en déclarent en effet un nouveau dans les 10 années suivantes. Sur le plan sectoriel les plus concernés sont le BTP, l’agroalimentaire, les secteurs des services à la personne et de la logistique. 167 000 accidents du travail s’étant soldés par une lombalgie en 2015. Ils trouvent leur origine à 50 % dans la manutention manuelle et à 10 % dans les chutes. Ils provoquent généralement « des arrêts courts de moins de deux semaines et répétitifs », selon Marine Jeantet, directrice des risques professionnels à la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs. Des arrêts qui pénalisent l’activité des entreprises.

A ces coûts directs se rajoutent les frais de réintégration, de réaffectation, l’indemnité spéciale de licenciement en cas d’inaptitude, coût de remplacement, de formation du remplaçant, les sanctions, …

La prévention a un coût. Il est temps de se conclure qu’elle a aussi rendement.

 

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